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La grotte de l’Hérault
Le site de la grotte de Clamouse est anciennement fréquenté, même si la grotte et ses superbes galeries ne furent découvertes qu’en 1945 à l’occasion d’un assèchement d’un siphon. En effet, l’ouverture de cet antre du monde souterrain n’est qu’à quelques centaines de mètres du célèbre Pont du Diable, vieux de mille ans et qui permet le franchissement des gorges de l’Hérault. Ce petit fleuve côtier, aux brusques débordements reçoit les eaux du plateau du Larzac et cet écoulement du Massif central vers la mer a influencé aussi les routes des hommes, puisque le Pont du Diable et la célèbre abbaye de Saint-Guilhem-le-désert, tous deux classés au Patrimoine Mondial de l’Humanité, étaient des étapes importantes sur la route du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Ici le paysage superbe des gorges lie l’histoire de la Terre à celle de la civilisation des hommes.
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Les mystères du monde souterrain
L’eau s’est infiltrée pendant des millions d’années dans des terrains fissurés des Causses calcaires, portés en altitude et faillés à la suite de la naissance des Pyrénées. Les fissures élargies ont permis le creusement de vastes réseaux souterrains. La grotte de Clamouse offre la particularité d’avoir des galeries produites par un processus de corrosion du calcaire, dissout par le gaz carbonique contenu dans l’eau d’infiltration. La roche dolomitique n’a pas résisté à l’action de l’eau et la dissolution de la roche a peu à peu produit ces parois très accidentées. La partie visitée par le public ne forme qu’une très petite partie des réseaux souterrains, mais les salles du Sable ou de la Méduse évoquent bien ce travail très lent de l’eau. Ici l’échelle du temps est géologique et non pas humaine et Michel Siffre s’y est plongé pour une expérience étonnante, dénommée « Hors du Temps ».
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Des formes minérales étonnantes
Les concrétions sont le résultat de l’action de l’eau d’infiltration, pendant des dizaines de milliers d’années : elle dépose le calcaire dissout du carbonate de calcium qu’elle contient en atteignant les cavités. La taille, la forme et la couleur des concrétions ainsi bâties dépendent de la rapidité de l’écoulement de l’eau, de son écoulement ou des oxydes amassés pendant son trajet dans le sol. Le foisonnement étonnant des concrétions de la salle du Couloir blanc n’est autre que la plus grande concentration d’excentriques. Ainsi dénommées, ces excentriques défient les lois de la physique et jettent leurs excroissances en tous sens, le dépôt du calcaire dissout se produisant par évaporation de l’eau. Les forêts de fistuleuses qui pendent au plafond d’une autre salle semblent soutenir les voûtes, mais ces tubes de calcaire translucides et très fins, long de plusieurs mètres et si fragiles, sont une autre forme curieuse du travail de dépôt du calcaire dissout.
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L’eau, encore et toujours à l’œuvre
La formation des galeries remonte à plusieurs millions d’années ; cette érosion ne s’est d’ailleurs pas effectuée en une seule fois, comme en témoignent les traces des variations climatiques au cœur des concrétions. La grotte de Clamouse est toujours vivante, résurgence d’une rivière souterraine qui réapparait en une quinzaine de sources lorsque la pluie tombe sur le Larzac. Les nombreuses concrétions, nées après le creusement des galeries, ont elles-mêmes mis des dizaines de milliers d’années à s’élever en formes curieuses : ainsi la Méduse est un amoncellement translucide de plusieurs disques, l’œuvre de l’eau au goutte à goutte et du temps. Les scientifiques sont impliqués dans l’étude de cette grotte, explorant les méandres du temps avec des concrétions qui remontent à près d’un million d’années ! Autant dire une mémoire des climats et des conditions de vie sur cette Terre, que peuvent également éclairer les petits êtres cavernicoles qui sont présentés ici.
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