La grotte de l’Hérault
Les gorges de l’Hérault sont humanisées depuis longtemps.
Par ses atouts naturels et sa localisation privilégiée, l’Hérault a attiré nombre de voyageurs et de pèlerins, surtout durant la période du Moyen Âge.
Deux sites sont à mettre en avant : le Pont du Diable et le village de Saint-Guilhem-le-désert, inscrits au Patrimoine Mondial de l'Humanité de l'UNESCO.
Le Pont du Diable a été construit au XIème siècle. Il permettait le passage des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.
Pendant des siècles, ce monument fut entouré de légendes, dont la plus connue met en scène le diable le futur saint Guilhem. Toutes les nuits, le diable s’amusait à détruire le pont construit par les moines. Guilhem, furieux conclut un pacte avec Satan qui consistait à donner l’âme de la première personne traversant le pont…mais celui-ci terminé, ce fut un chien qui courut dessus ! Le Diable, dépité, tomba dans le fleuve.
Les mystères du monde souterrain
La formation de la grotte de Clamouse nous éclaire sur les mystères du monde souterrain.
Il y a 70 millions d’années avant notre ère, la région de l’Hérault que nous visitons aujourd’hui subit des bouleversements géologiques.
Par des mouvements tectoniques, des plissements montagneux virent le jour, et furent à l’origine de la chaîne des Alpes, ou encore des Pyrénées.
Le sol fait de sédiments calcaires alors au fond des mers devint le plateau du Larzac, le processus d’érosion était à l’œuvre.
Eaux de pluie et de neige entre autre attaquèrent cette roche fragilisée, et s’insérèrent dans des fissures de plus en plus grandes, pour créer un vaste réseau de galeries souterraines par un processus de corrosion du calcaire.
Des formes minérales étonnantes
Les vastes salles de Clamouse nous offrent une grande diversité de concrétions calcaires. Celles-ci sont le fruit de l’eau d’infiltration qui s’est écoulée pendant des dizaines de milliers d’années au sein de la grotte.
En tombant toujours au même endroit, l’eau libère du carbonate de calcium.
Stalactites et stalagmites pendent au plafond ou se dressent au sol. Dans le cas des fistuleuses, l’eau s’égoutte par un canal central au centre de ces tubes extrêmement minces et longues de plusieurs mètres.
Lorsque les stalagmites et stalactites se rejoignent, elles forment des colonnes.
Les cristallisations empruntent deux formes minérales distinctes: la calcite, et l’aragonite chargée en magnésium.
L’eau, encore et toujours à l’œuvre
L’eau a creusé l’orifice de la grotte de Clamouse, mais également évidé ses galeries, creusé des boyaux et autres détours tortueux.
Si la rivière souterraine à l’origine de ce monde secret est peu visible désormais, le sable et les roches qu’elle a chargé, des dizaines de milliers d’années durant, ont créé des marques profondes sur les parois des galeries, et ce sur différents niveaux.
Nous retrouvons la résurgence de cette rivière en dehors du site de visite, où elle rejoint l’Hérault. L’eau est alors le témoin de l’histoire de la Terre, de son évolution et de son avenir.