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Dans le dédale du monde souterrain
En Dordogne, l’eau s’est infiltrée pendant des millions d’années dans des terrains calcaires, fissurés et faillés à la suite du plissement des couches géologiques. Le creusement des galeries souterraines remonte à plusieurs centaines de milliers d’années. Cette érosion ne s’est d’ailleurs pas effectuée en une seule fois, elle a eut lieu sous des climats très différents. A Villars, sur le massif du Cluzeau les fissures élargies ont permis le creusement de vastes réseaux souterrains qui s’étagent sur des centaines de mètres, débouchent sur des carrefours, forment de minuscules galeries, des boyaux, ou au contraire de vastes salles, noyées par l’eau ou asséchées. La partie autrefois fréquentée par les hommes préhistoriques, visitée depuis 1959 par le public, ne forme qu’une très petite partie de ce réseau souterrain.
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Et l’eau créa un décor féerique
C’est le dépôt du calcaire dissout dans l’eau qui a lentement formé ces concrétions aux formes étonnantes. En effet lorsque les eaux de pluie s’infiltrent dans le sol, elles se chargent en gaz carbonique contenu dans l’humus des végétaux. L’eau et le gaz carbonique forment une eau acide qui a la propriété de dissoudre le calcaire. Lorsque cette eau parvient dans la cavité souterraine, le gaz carbonique s’évapore et la calcite se cristallise formant ainsi « une stalactite », ou la goutte d’eau éclate sur le sol et forme un dépôt plus large « la stalagmite ». Les concrétions peuvent atteindre des tailles impressionnantes selon leur âge et l’importance du ruissellement de l’eau. Enfin diverses hypothèses s'affrontent pour tenter d'expliquer des stalactites coudées, ou bien pleines d'excroissances, nommées les excentriques. La salle du Passage contient tous ces trésors.
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Sur les pas des hommes de la Préhistoire
Vers 40 000 ans avant notre ère, au Paléolithique supérieur, l’homo sapiens est entré en Europe en venant du Proche-Orient, lors des dernières glaciations. Ce chasseur athlétique, intelligent, allait poursuivre les troupeaux pendant des milliers d’années, de campement en campement durant le bref été, où réfugié sous les parois rocheuses, à l’entrée des grottes l’hiver. C’est ainsi qu’il fréquenta la grotte de Villars pour y faire naître ses peintures magnifiques plus de 17 000 ans avant notre ère. Lorsque les glaciations cessèrent, voilà une dizaine de milliers d’années, ces hommes nomades suivirent les rennes vers le nord et leur grotte ornée de Villars resta en l’état jusqu’à sa découverte en 1958. Les peintres de Villars étaient nos ancêtres directs, tailleurs de pierre et d’os, habiles peintres et sculpteurs.
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Un trésor d’art pariétal
Dans la grotte de Villars, les salles des Cierges et des Peintures nous permettent d’admirer des bisons, de nombreux chevaux, des bouquetins. Les hommes chassaient certes ces animaux mais les rennes si présents dans leur alimentation et leur outillage sont peu présents dans les peintures… et que dire des nappes de points géométriques ? A Villars, la scène « du bison face à l’homme » est l’une des rares représentations humaines de l’art préhistorique. L’art pariétal recèle encore bien des mystères, que les rares silhouettes d’hommes ou de femmes stylisés ne contribuent pas à éclairer. Il reste à admirer la fluidité des traits, la maîtrise technique des pigments naturels, la capacité de ces hommes à peindre avec leurs mains, quelques outils, ou en soufflant des pigments dilués. Ces artistes savaient adapter leurs œuvres au relief de la grotte, pour créer un sanctuaire à la fois impressionnant et superbe.
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