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Un aven au pays de l’Hérault
L’homme préhistorique connaissait la grotte, on y a découvert des traces qui remontent à 20 000 ans. Il chassait l’ours des cavernes mais n’y séjournait pas. L’aven est une salle souterraine communiquant avec la surface par un orifice dégagé par l’érosion de l’eau. Plus tard des hommes durent l’explorer, mais les formes des concrétions, éclairées par les lampes, firent croire à la présence de fées - traduit de la langue d’oc, cela donna le nom de Grotte des Demoiselles. Aux XVIème et XVIIème siècles, les protestants persécutés par Louis XIV - les Camisards - bâtirent un abri bien protégé encore visible sur la paroi de la falaise. Un siècle plus tard, M. Lonjon explora la grotte. Au XIX° siècle d’autres explorateurs descendirent dans les salles mais c’est Edouard Alfred Martel - le père de la spéléologie - qui en fit vraiment l’étude dès 1884. En 1929 la société des Sites et Monuments du Languedoc prépara l’ouverture de l’aven pour le public, qui eut lieu en 1931.
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Le mystère d’une salle souterraine
Le plateau calcaire subit depuis des millions d’années l’érosion de l’eau. Elle y a créé des creux tapissés d’argile, s’est infiltrée dans les fissures pour former les grottes souterraines. L’érosion provoquée par l’eau crée également des effondrements au-dessus de salles souterraines, ce puits ou gouffre : l’aven. Son originalité consiste à communiquer avec la surface par un puits bien visible. La salle du Manteau Royal tire son nom d’un texte du poète André Breton pour qui cette grande draperie évoquait le manteau d’un roi des îles Hawaï, dans le Pacifique. Si la draperie ressemble bien par ses formes à un voile léger, elle est en pierre... mais pas n’importe laquelle : c’est le dépôt du calcaire dissout dans l’eau qui a lentement formé ces formes étonnantes. Le gaz carbonique contenu dans l’eau a efficacement dissout le calcaire des roches du sous-sol et l’eau infiltrée a libéré cette calcite en tombant dans la grotte.
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Les Demoiselles de pierre
Les grottes des Demoiselles ont, pendant longtemps, fait l’objet de légendes. Tout d’abord, les paysans languedociens les appelaient « la grotte des fées », "la bauma de las fadas, de las damiselas" en langue d'Oc. Ainsi, les habitants de la région pensaient que ces grottes abritaient des créatures fantastiques ! En effet, un jeune berger du nom de Jean cherchait une de ses brebis perdue dans la montagne. Malheureusement, il chuta dans le gouffre. Lorsqu’il revint au village, il raconta qu’il y vit des milliers de fées dansant autour de lui. Comment aurait-il pu comprendre le lent processus de la naissance des concrétions ?
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Mémoire de pierre, mémoire de la Terre
Le paysage de la Grotte des Demoiselles et de la vallée de l’Hérault s’est peu à peu formé, depuis quarante millions d’années. La mer occupait cette région mais le soulèvement des Cévennes a également mis en altitude ces terrains calcaires, formés par des dépôts du fonds des mers. Les collines calcaires ont été attaquées par l’eau, qui érode le calcaire tendre et des reliefs se sont formés, comme la vallée et les gorges de l'Hérault. L’eau de pluie s’est également infiltrée dans les plateaux calcaires depuis des millions d’années et la dissolution de la roche a permis la création de grottes, comme celle des Demoiselles. L’homme a occupé les plaines argileuses les plus fertiles en y installant ses villages et ses champs, il y a moins de sept mille ans, à la fin de la préhistoire.
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