Grotte des Demoiselles

(34 190 - Ganges)
 
 
 

Un aven au pays de l’Hérault

Notre ancêtre direct, l’homo sapiens, connaissait déjà l’existence de la grotte des Demoiselles. Il chassait à l’intérieur des ours des cavernes, mais il ne s’y abritait pas, contrairement aux « Camisards ». En effet, lorsque les catholiques pourchassèrent les protestants - les camisards - pendant les guerres de Religions, ces derniers trouvèrent refuge dans ces grottes, tout comme les prêtres réfractaires pendant la Révolution et la Terreur.
Cependant, ce n’est qu’en 1884 qu'Edouard Alfred Martel, le fondateur de la spéléologie française, découvrit la grotte et atteint le fond de la cavité actuellement aménagée.
Suivirent alors, au début du XXème siècle, les explorations de Robert de Joly et Norbert Casteret. A cette époque, la visite était très dangereuse.
L’ouverture officielle au public se fit en 1931. La grotte fut aménagée en conséquence, notamment avec la mise en place d’un funiculaire souterrain remontant les galeries vers le sommet de la montagne.

Le mystère d’une salle souterraine

Le calcaire s’est formé par le dépôt de sédiments au fond des mers, pendant des millions d’années. Puis, lorsqu’il fut à l’air libre, il a durci et l’eau de pluie chargée de gaz carbonique s’est infiltrée par les fissures de cette roche.
Ces infiltrations d’eau dans les plateaux calcaires ont ainsi provoqué la dissolution de la roche en surface mais surtout sous le sol : l’effondrement de galeries souterraines à crée les grottes en plusieurs millions d’années.
A certains endroits, le sol du plateau s’est effondré et un aven s’est ouvert à la surface.
Une fois ces salles creusées, l’eau a continué à s’infiltrer par les fissures, au goutte à goutte. Le gaz carbonique qu’elle contient a la propriété de dissoudre facilement le calcaire : en arrivant dans la grotte, l’eau perd du gaz carbonique qui va s’évaporer.
Ainsi l’eau dépose le bicarbonate de calcium qu’elle a entraîné avec elle.
Et ce dépôt s’assèche, lentement. Comme il tombe toujours au même endroit, il forme en des dizaines de milliers d’années les draperies et colonnes que l’on peut admirer et qui forment les concrétions de la grotte, dont le Manteau Royal, qui tire son nom d’un poème d’André Breton.

Les Demoiselles de pierre

Les grottes des Demoiselles étaient autrefois connues sous le nom de « Grotte aux Fées ».
Ce surnom était tiré d’une légende qui demeura longtemps dans les esprits des languedociens. Cette histoire met en scène un jeune berger à la recherche d'une brebis égarée.
Tout en la cherchant, il serait tombé dans l'aven, à l’entrée des grottes des Demoiselles actuelles. Le berger entendait l’animal, mais il ne le voyait pas, il a donc continué à marcher dans la grotte, mais il glissa de 60 mètres et tomba là où se trouve aujourd’hui la « cathédrale de Abîmes » ! Avant de s'évanouir à cause du choc reçu après sa chute, le berger s’émerveilla de voir des fées qui dansaient et chantaient ! Lorsqu’il se réveilla, son agneau et lui étaient dehors, sains et saufs.
La légende de la grotte aux fées était née...

Mémoire de pierre, mémoire de la Terre

La formation de la grotte des Demoiselles est due à un processus datant de millions d’années.
La terre est vieille de 4.4 milliards d’années.
Les océans occupaient alors une bonne partie des terres actuelles, dont le fond était composé de sédiments. Cette roche sédimentaire était surtout composée de carbonate de calcium et le calcaire s’est déposé en couches, les strates.
Ces plateaux calcaires ont été touchés comme les autres formes de relief par les mouvements des plaques de l’écorce terrestre. Parmi ces mouvements, des cassures ont provoqué le déplacement vertical le long de la ligne de faille.
Ainsi la faille des Cévennes que l’on aperçoit aujourd’hui est-elle le résultat - sur 60 km - des mouvements de l’écorce terrestre.
Le miroir de faille - surface polie par le frottement - est bien visible, au pied de la falaise du plateau de Thaurac, à gauche de l’entrée de la grotte.