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L’exploration d’Armand Viré
Monsieur Viré était un savant accompli, docteur es sciences et membre de l’Institut ; rien de ce qui touchait au monde souterrain n’était étranger à ce savant, qui collabora très tôt avec Monsieur Martel, le précurseur de la découverte du monde souterrain et de ses merveilles en France. Premier directeur du Gouffre de Padirac, Armand Viré fut enthousiasmé par l’exploration, dès 1902, des galeries de l’igue de saint sol, première approche du réseau souterrain des environs de Lacave. C’est ainsi qu’il décida de déblayer les cavités les plus importantes et de les explorer, ouvrant en 1905 un tunnel menant à la découverte d’immenses salles magnifiques : les grottes de Lacave pouvaient désormais être admirées.
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Les cathédrales naturelles du monde souterrain
L’eau s’est infiltrée pendant des millions d’années dans des terrains fissurés des Causses calcaires, portés en altitude et faillés à la suite de la naissance des Pyrénées. Les fissures élargies ont permis le creusement de vastes réseaux souterrains de galeries par les rivières souterraines. Ces réseaux s’étagent sur des centaines de mètres, débouchent sur des carrefours, forment de minuscules galeries, ou au contraire de vastes salles, noyées par l’eau ou asséchées, comme Lacave nous en propose avec de magnifiques lacs. La salle du grand dôme étonne… La partie visitée par le public ne forme qu’une très petite partie des réseaux souterrains, mais la salle des mirages évoque une ville engloutie par ses dimensions et celle des merveilles atteint 2000 m2.
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Des formes minérales étonnantes
Les concrétions sont le résultat de l’action de l’eau d’infiltration, pendant des milliers d’années : elle dépose le calcaire qu’elle contient en atteignant les cavités, du carbonate de calcium dissout par le gaz carbonique contenu dans l’eau. La taille, la forme et la couleur des concrétions dépendent de la rapidité de l’écoulement de l’eau, de son écoulement ou des oxydes amassés pendant son trajet dans le sol. La forme étonnante dite de la colonne aux pattes d’araignée n’est autre que la plus grande concrétion dite d’excentriques d’Europe. Ainsi dénommées, ces excentriques défient les lois de la physique et jettent leurs excroissances en tous sens. Les gours cernent de petits lacs, tandis que des colonnes gantes semblent soutenir les voûtes.
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L’eau, encore et toujours
Le creusement des galeries remonte à plusieurs millions d’années ; cette érosion ne s’est d’ailleurs pas effectuée en une seule fois, comme en témoignent les différents niveaux de la rivière souterraine, et les nombreux lacs approchés lors de la visite témoignent d’une présence de l’eau. Armand Viré avait eu l’intuition de la présence de cette rivière souterraine, dont l’orifice apparaissait au pied des falaises de la Dordogne. Ce cours d’eau torrentiel ne coule plus dans les galeries creusées, il a changé au fil du temps son cheminement mais l’eau d’infiltration y a ses droits ; elle a construit patiemment les concrétions. Cette eau a aussi rempli les lacs féériques, où se mirent les décors étonnants. Elle ruisselle encore dans les galeries immenses. L’eau est une mémoire du temps.
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