La grotte, entre érosion et concrétion
Le célèbre écrivain grenoblois Stendhal écrivait déjà au XIXème siècle :
"Je vais [...] voir les cascades du Furon, torrent qui est superbe en ce moment. Le Furon et les Cuves mériteraient dix pages...".
Ce site géologique est en effet remarquable.
Les Cuves de Sassenage se trouvent au pied d’un plateau calcaire – le plateau du Vercors composé de sédiments déposés au fond des mers - attaqué par l’eau de pluie il y a des centaines de millions d’années. La roche karstique subissant ses assauts répétés s’est tellement fissurée que des cours d’eau se sont introduits dans le sous-sol, creusant des gouffres souterrains d’un vaste réseau, ainsi que des concrétions minérales.
Ainsi, la galerie des Chauves Souris, la galerie des enfers, et la salle Saint Bruno révèlent des trésors de calcite. Le goutte à goutte de l’eau infiltrée à déposer du calcaire dissout, toujours au même endroit : colonnes de pierres et pointes minérales étaient nées !
Le chemin de l’eau : la rivière souterraine
Le ruissellement des cours d’eau et eaux de pluie au sein des Cuves de Sassenage, a peu à peu formé une véritable rivière souterraine aux tourbillons impressionnants, le Germe.
A cette époque lointaine, l’eau de la rivière chargée de sable et de galets, la force du courant, ont creusé les parois de la grotte, à différents niveaux.
La fin des glaciations, le réchauffement du climat, depuis des milliers d’années, ont fait diminuer progressivement le niveau d’eau du Germe.
Seuls subsistent désormais des petites rivières et cascades dan lesquelles se reflètent stalactites et stalagmites. Cette eau ressort à quelques kilomètres des lieux d’infiltration sur le plateau du Vercors : c’est la résurgence du célèbre Gouffre Berger.
Le monde du vivant dans les gorges
Les abords des Cuves de Sassenage offrent à chacun la possibilité d’apprécier un chemin pédagogique décrivant l’écosystème de cette région.
Le Vercors propose en effet la découverte d’une faune et d’une flore préservées, appréciant les eaux du Furon et la clémence d’un climat tempéré.
Par conséquent, évoluent au sein de ce massif forestier divers mammifères volants : écureuils, chauves-souris. Ces dernières vivent ici depuis fort longtemps. D’ailleurs, la salle des Rataplanades des Cuves leur doit son nom, rataplanades signifiant « chauve-souris » en patois dauphinois ! Cinq espèces de chauves-souris, dont deux très rares en Europe, activent leurs ondes sonores pour attraper les insectes !
Ces insectivores partagent leur habitat avec des rapaces tels que le faucon pèlerin ou le grand duc. Le premier chasse le jour, l’autre vit la nuit.
La légende et les hommes
La commune de Sassenage abrite depuis des siècles la légende de la fée Mélusine.
Ce conte médiéval nous conte l’histoire d’une fée, Pressine, qui s’unit à un chevalier, à condition qu’il ne la voie pas donner naissance à ses filles. Le chevalier rompit son serment, ce qui entraîna la colère de ses enfants. L’une d’entre elle, Mélusine, l’enferma par vengeance dans la montagne. Pressine l’apprit, et, folle de colère, punit sa fille. Tous les samedis, elle deviendra un poisson, que personne ne devra apercevoir, sinon, elle restera ainsi toute sa vie ! Or, un samedi, l’époux de Mélusine découvrit le secret jalousement gardé.
La légende dit qu’elle s’enfuya alors dans les Cuves de Sassenage, pour pleurer sur son sort aquatique !