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Thouzon ou l’histoire de la Terre
Tout à fait au début de notre histoire, au Crétacé de l’ère secondaire, il y a environ 60 millions d'années, notre Provence n'existait pas : les eaux réunies de ce qui plus tard formera la Méditerranée et l'océan Atlantique, recouvraient presque entièrement ce qui allait devenir la France. Les couches sédimentaires apparurent, formées au fond de la mer, par les sables, les restes de crustacés et de coquillages ; la naissance des Alpes fit émerger ces calcaires. Écrasées, tassées, ces couches formeront un grand plateau calcaire, dont la colline de Thouzon est une dernière trace, une butte témoin. C'est alors que l'eau ruissela et chercha la faille des blocs calcaires, qu'elle usa, filant dans les failles verticales jusqu'à creuser par une action mécanique, corroder le calcaire par un processus chimique lié au gaz carbonique qu’elle contenait. Le travail de l’eau ménagera des galeries et d’immenses réseaux souterrains dont le visiteur ne découvre qu’une infime partie !
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Les cavités naturelles du monde souterrain
L’eau s’est infiltrée ainsi pendant des millions d’années. De vastes réseaux souterrains de galeries se sont trouvés asséchés quand la rivière s’est enfoncée plus profondément : Thouzon nous propose cette découverte en suivant la galerie d’une ancienne rivière souterraine. La salle de la racine étonne… mais elle rappelle que la vie est tenace, les racines des plantes de la surface plongent ici à plus de dix mètres et vous surplombent dans le vide ! La partie visitée par le public ne forme qu’une très petite partie des réseaux souterrains, mais la salle des gours évoque cette eau engloutie, retenue par de petits bassins qui ne sont autres que des concrétions peu à peu construites par le calcaire dissout dans l’eau et déposé en eau calme.
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Des formes minérales étonnantes
Les concrétions sont le résultat de l’action de l’eau d’infiltration, pendant des milliers d’années : elle dépose le calcaire qu’elle contient en atteignant les cavités, du carbonate de calcium dissout par le gaz carbonique contenu dans l’eau. La taille, la forme et la couleur des stalactites et stalagmites dépendent de la rapidité de l’écoulement de l’eau, de son écoulement ou des oxydes amassés pendant son trajet dans le sol. La forêt de fistuleuses qui pendent au plafond d’une autre salle semblent soutenir les voûtes, mais ces tubes de calcaire translucides et très fins, long de plusieurs mètres et si fragiles, sont une autre forme curieuse du travail de dépôt du calcaire dissout. Quant aux perles des cavernes, elle s’expliquent par le lent travail de la goutte d’eau tombant du plafond sur un petit grain minéral, l’enrobant de calcaire dissout et le faisant pivoter pour le rendre parfaitement sphérique !
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L’eau, encore et toujours en action
Le creusement des galeries remonte à plusieurs millions d’années ; cette érosion ne s’est d’ailleurs pas effectuée en une seule fois, comme en témoignent les différents niveaux de la rivière souterraine. Ce cours d’eau torrentiel ne coule plus dans les galeries creusées, il a changé au fil du temps son cheminement mais la cheminée du plafond d’une salle souterraine atteint maintenant presque la surface : lorsque le mince sol calcaire s’effondrera au-dessus du vide, Thouzon sera un aven, une cavité ouverte au jour ! A l’inverse le puits béant, au cœur d’une salle signale le réseau souterrain ou l’eau ruisselle encore dans les galeries inconnues. L’eau est une mémoire du temps et elle sculpte toujours les concrétions de la grotte.
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