|
La grotte et l’action de l’eau souterraine
Dans les causses du Quercy, l’eau s’est infiltrée pendant des millions d’années dans des terrains calcaires, fissurés et faillés à la suite du plissement des couches géologiques. Le creusement des galeries souterraines remonte à plusieurs centaines de milliers d’années ; cette érosion ne s’est d’ailleurs pas effectuée en une seule fois et elle eut lieu sous des climats très différents. Si les infiltrations d’eau actuelles sont de maigres souvenirs de l’eau qui creusa voilà des centaines de milliers d’années les galeries, c’est bien l’eau d’infiltration chargée de gaz carbonique du sol qui a élargi les fissures du sous-sol calcaire puis creusé les galeries. La corrosion du calcaire a été intense sous l’effet du gaz carbonique et une fois ces galeries mises hors d’eau, les infiltrations ont perduré, déposant au plafond ou sur le sol des galeries le calcaire dissout, pour élever de merveilleuses concrétions, très denses à Cougnac.
|
|
|
Un décor féerique
La grotte de Cougnac est un exemple type de cavité horizontale. Elle possède des stalactites très fines et donc très fragiles, les fistuleuses. Translucides, épaisses des quelques millimètres seulement, elles peuvent atteindre plusieurs mètres depuis le plafond d’une salle. Les concrétions peuvent atteindre des tailles impressionnantes, selon leur âge et l’importance du ruissellement de l’eau. Le trajet de l’eau peut varier et cela donne des formes très différentes : ainsi une goutte éclatant au sol va effectuer un dépôt très large, en "pile d’assiette", au contraire une goutte peut créer de curieuses stalactites aux formes les plus diverses. C’est le dépôt du calcaire dissout dans l’eau qui a lentement formé ces formes étonnantes. Le gaz carbonique contenu dans l’eau a efficacement dissout le calcaire des roches du sous-sol et l’eau infiltrée a libéré cette calcite en tombant dans la grotte.
|
|
|
Sur les pas des hommes de la Préhistoire
Vers 50 000 ans avant notre ère, au Paléolithique, durant l’époque moustérienne, l’homo sapiens n’était pas encore entré en Europe en venant du Proche-Orient, au cours des dernières glaciations. C’était l’autre espèce humaine, l’homme de Néandertal qui peuplait l’abri sous roche de la grotte, où il laissa des silex taillés mais pas d’œuvre d’art. Notre ancêtre, l’homo sapiens sapiens appelé également homme de Cro Magnon, allait lui succéder vingt mille ans plus tard et faire de Cougnac un sanctuaire rupestre pariètal. Ce chasseur athlétique, intelligent, fréquenta la grotte de Cougnac pour y faire naître ses peintures magnifiques plus de 20 000 ans avant notre ère. Les peintres de Cougnac étaient tailleurs de pierre et d’os habiles, peintres et sculpteurs. Ils habitaient à quelques kilomètres de la grotte sanctuaire et sous ces abris rocheux, tentaient de se préserver des rigueurs de l’hiver polaire, en cette période glaciaire.
|
|
|
Des merveilles d’art pariétal
Dans la grotte de Cougnac, les salles nous permettent d’admirer chevaux, bouquetins et de superbes mammouths. Les hommes chassaient certes ces animaux de la faune glaciaire mais les rennes si présents dans leur alimentation ne sont pas les seuls, loin de là, à être présents dans les peintures. Des nappes de points géométriques parsèment les parois : traits, lignes, courbes, marques de doigts, composent un message énigmatique. L’art pariétal nous montre ici également de rares silhouettes d’hommes stylisés, esquissés, de profils, blessés par des sagaies ! Admirons la finesse des traits, la maîtrise technique des pigments naturels, en noir, en rouge, en brun ! Ces hommes savaient rendre l’énorme ramure du Mégacéros - un cerf gigantesque - avec leurs mains, quelques outils, des pigments dilués. Ces artistes voulaient créer un sanctuaire à la fois impressionnant et superbe.
|
|
|
|
|