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Un château de la Renaissance
L’histoire du château d’Usson est vieille de plus de cinq siècles. Avant que le château soit bâti, une maison seigneuriale s’élevait sur la terre d’Echebrune. De grands seigneurs de cette région de l’ouest de la France disposèrent de ce domaine, jusqu’à ce que Jean de Rabaine en devienne propriétaire grâce à son épouse. Animé de hauts desseins, ce noble converti au protestantisme, s’évertua à créer un château à la hauteur de son rang. Entre 1536 et 1548, il fit réaliser un monument harmonieux issu directement des théories architecturales de la Renaissance, provenant d’Italie et adaptées en France notamment par François Ier. Les façades furent alors décorées d’éléments issus de l’Antiquité. A Usson, ce sont des feuilles d’acanthe, mais également des pilastres à chapiteaux - ceux de la galerie au rez-de-chaussée du bâtiment principal – qui ponctuent les ailes de la demeure et lui confèrent une grâce certaine.
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L’influence de l’Italie et de Michel-Ange
Même si le château d’Usson fut démembré puis réédifié, il ne perdit pas pour autant de sa superbe. Les bijoux de l’art de la Renaissance ont su être préservés, notamment la porte d’entrée de la salle à manger. Son encadrement de pierre fut réalisé par un élève français de Michel-Ange, Nicolas Bachelier. Finement sculpté, il rivalise de beauté et de finesse avec le manteau de la cheminée trônant dans la salle. Les ouvriers italiens qui participèrent à l’embellissement des pièces du château vinrent dans cette région de France grâce à Jacques de Genouillac, grand maître d’artillerie de François Ier. Ses artisans créèrent l’église de Lonzac peu de temps avant Usson, ce dernier revêt d’étranges ressemblances avec elle.
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Le bon goût de monsieur Augereau
Le château d’Usson tel que nous pouvons l’admirer aujourd’hui est le fruit de l’esprit d’un personnage un peu excentrique, en tout cas féru d’art et d’histoire. Tout commença en 1879, lorsque William Augereau, ingénieur aux Chemins de Fer, acquit le château d’Usson alors situé à Echebrune. Il possédait à cette époque le domaine des Egretaux. Le château d’Usson était en bien mauvais état, et M. Augereau décida en 1884 de transférer les éléments du château sur sa propriété d’Egretaux. Grâce à des moyens exceptionnels qu’il conçut lui-même, un nouveau château vit le jour, dont les bâtiments furent disposés selon de nouveaux plans. Des années furent nécessaires à la reconstruction de cette superbe demeure, et M. Augereau ne ménagea pas sa peine. Conduisant personnellement les travaux, il sut mettre en valeur un fleuron du patrimoine charentais.
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D’une pièce à l’autre, un inventaire de l’art
Les intérieurs comme l’extérieur du château ont été recréés par M. Augereau à partir des éléments décoratifs déjà présents dans le château situé auparavant à Echebrune. De l’époque renaissance, remarquons le buffet de la salle à manger. Dans cette pièce aux belles dimensions, des tapisseries magnifiquement exécutées attirent notre regard, notamment une tapisserie des Gobelins exécutée au début du XVIIIème siècle. Cette époque vit naître le style classique renouant avec les thèmes de la mythologie. La musique inspire cette tapisserie qui représente spécialement Orphée, héros légendaire de la mythologie grecque. Si ces décorations embellissaient déjà les murs du château d’Usson avant le XIXème siècle, ce n’était pas le cas de certaines décorations. Les boiseries Régence du salon d’hiver étaient à l’origine au château de Rosny-sur-Seine. Le tour de force de M. Augereau fut donc de conjuguer divers styles et de donner aux salles du château une cohérence harmonieuse.
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