Le Château d'Usson

(17 800 - Pons)
 
 
 

Un château de la Renaissance

Le château d’Usson dresse ses murs en Saintonge. Les nobles familles de Sainte-Hermine, de la Duch, du Fa ont possédé cette terre, mais le château renaissance tel que nous le voyons aujourd’hui fut l’œuvre de Jean de Rabaine. Entre 1536 et 1548, Usson, de logis, devint un château ! C’est donc en pleine époque renaissance que le château fut construit. Cette période de l’Histoire, entre féodalité et Temps modernes, vit se multiplier les créations littéraires, artistiques, originales et novatrices. En architecture, l’inspiration fut grecque et romaine du fait de découvertes archéologiques, par exemple celles des thermes de Caracalla. Les créations aux lignes pures et simples de ces constructions antiques - le Panthéon de Rome - s’opposaient radicalement au style gothique en vogue jusque là. Ainsi, au château d’Usson, comme dans de nombreux pays en Europe occidentale, les colonnes, pilastres, frontons, et coupoles, furent intégrés aux façades des édifices.

L’influence de l’Italie et de Michel-Ange

La Renaissance artistique est originaire d’Italie. La Renaissance vit se renouveler les thèmes des œuvres artistiques et leurs techniques d’exécution. Le contexte social et politique permit ce renouveau. Les artistes étaient plus libres de pensée et se plurent à représenter non plus seulement des scènes bibliques mais également des personnages évoluant dans une sphère privée. Les fameux portraits florentins de cette époque en sont un merveilleux exemple. Cette production artistique sans précédent place l’homme au centre de l’univers. Les théories humanistes étaient à l’honneur ainsi que celles de la mythologie antique. Les travaux de Michel-Ange s’inscrivirent totalement dans cet esprit. Intéressé par le corps humain, l’anatomie, il œuvra pour Laurent de Médicis puis le pape Jules II. Le fruit de son art se retrouve au château d’Usson à travers Nicolas Bachelier. Cet élève de Michel-Ange fut commandité par Jean de Rabaine pour orner des éléments des salles du château. L’encadrement de pierre de la porte d’entrée de la salle-à-manger est ainsi admirablement sculpté : deux colonnettes portent un cintre décoré de rosaces. La cheminée, du même auteur, présente deux amours dont les pieds sont posés sur de gracieux dauphins.

Le bon goût de monsieur Augereau

Le château d'Usson, lorsqu’il était encore à Echebrune, était composé de bâtiments aux lignes irrégulières. Logements de paysans, étables, étaient abrités dans l’une des cours. Le temps passa et, au XIXème siècle, l’édifice était en bien mauvais état lorsque William Augereau l’acquit en 1879. D’Echebrune à son domaine des Egreteaux, il déplaça les pierres du bâtiment en ruine, en charriots. M. Augereau était donc propriétaire terrien, mais aussi ingénieur. Il fut d’ailleurs l’inventeur du système de freins de locomotives pour les chemins de fer de l’État. Homme respecté pour ses qualités scientifiques, il montra également ses aptitudes artistiques. En recréant un « château neuf », en l’ornant d’éléments de décorations choisies avec soin, il rentra dans la lignée de personnages originaux tels Octave de Rochebrune qui transforma son château de Terre-Neuve, en Vendée, en intégrant des ornementations renaissances. William Augereau fut à l’initiative d’une véritable œuvre d’art !

D’une pièce à l’autre, un inventaire de l’art

Salon, salle-à-manger, jardin d’hiver, tout ici nous étonne !
La luxuriance des plantes du jardin d’hiver rivalise avec les tapisseries de la salle-à-manger. D’Aubusson, des Flandres ou des Gobelins, elles expriment, pour chacune d’elles, des techniques de tissage et de teinture maîtrisées à la perfection. Les peintures du salon sont l’expression de l’époque classique où la mythologie était un des thèmes les plus prisés. Nous y retrouvons les quatre éléments - eau, terre, air, feu - mais également des allégories représentant la jeunesse adulée par des Amours, ainsi que la Mort entraînant dans son sillage artistes et guerriers. Le style Louis XV des meubles de cette pièce de représentation sont empreints de grâce. De 1730 à 1760, le style Louis XV s’est développé dans le royaume de France comme dans toutes les cours d’Europe. Artistes et artisans fréquentaient assidument la cour de Versailles et ce sont eux, financés par le roi, qui créèrent une nouvelle mode artistique. La maîtrise du travail du bois permit de créer des formes galbées, aux courbes harmonieuses. Innovation majeure, les fauteuils et autres bergères furent dotés des housses que l’on pouvait changer selon les saisons ; les commodes furent surmontées de marbre et décorées de bronzes légers.