Le point central du château, la chapelle carolingienne
Déjà en 991, le cartulaire de Cluny précise l’existence d’un « castrum », construit autour d’une chapelle carolingienne. Cependant, le domaine de Berzé avait été habité des siècles auparavant. En effet, comme pour de nombreuses constructions médiévales, les romains avaient occupé les lieux. Des légionnaires romains avaient sûrement dressé leur camp ici-même. Mais revenons à notre chapelle… Celle-ci servait de lieu de culte à une population dominée par la dynastie des rois carolingiens, dont l’Empereur Charlemagne fut l’éminent représentant. Les carolingiens régnèrent de la seconde moitié du VIIIème siècle au Xème siècle. Leur puissance s’étendait aussi bien sur la Gaule, que la Germanie occidentale, le massif alpin et l'Italie du nord. Sous le règne d’un des membres les plus connus de cette dynastie, Charlemagne, la société de cette époque assista à une renaissance culturelle qui toucha notamment le domaine religieux. De 768 à 855, 27 cathédrales, 417 monastères furent construits. L’architecture religieuse carolingienne préfigura l’Art Roman, et reprit des éléments romains, wisigothiques et mérovingiens. Les églises furent construites selon un plan inspiré des basiliques de la haute antiquité.
Un site à vocation défensive
Placé sur les routes reliant la Bourgogne du sud au Mâconnais, le château de Berzé-le-Châtel fut élevé pour un usage défensif. Son architecture était donc vouée essentiellement à la guerre. Du haut des hauts murs d’enceinte et des treize tours reliées par un chemin de ronde, les hommes de guet avaient une vue imprenable sur la vallée environnante. Personne ne pouvait approcher sans que l’on s’en aperçoive. Il était nécessaire, à l’époque féodale, que de telles constructions soient bâties, car le territoire était divisé en nombre de seigneuries indépendantes, l’autorité royale ne s’étendant que sur un petit territoire. Les chevaliers et leur famille, des hommes d’armes, vivaient dans le château qui avait ainsi deux fonctions : la défense et l’habitat. L’architecture du château de Berzé-le-Châtel répondait à ces deux besoins. Le public peut aujourd’hui encore admirer un châtelet du XIIIème siècle, de grandes cours nobles et un puits de 36 mètres taillé dans la roche. Cette structure médiévale fut améliorée par la maison de Thy de Milly. Ayant acquis le domaine en ruine en 1817, elle décida d’apporter de la lumière au vieux château-fort. En accord avec les goûts artistiques de leur temps, les Thy de Milly percèrent des ouvertures de style néo-gothique, dans l’esprit des romantiques.
Dans les pas de l’histoire de France
Le château de Berzé-le-Châtel s’est fait écho, pendant des siècles, des guerres qui ravagèrent la France. La guerre de Cent Ans, qui commença au XIVème siècle, dura plus de cent ans. Si elle opposait la France à l’Angleterre, elle opposait également les français entre eux. En conflit permanent durant cette époque, les ducs de Bourgogne et leurs alliés avaient pris fait et cause pour les Anglais qu’ils aidèrent pour conquérir les terres du royaume de France. En Bourgogne du Sud, ces deux factions ennemies se livrèrent de sanglants combats pour s’approprier le château de Berzé-le-Châtel. Aux mains des Bourguignons en 1417, repris trois ans plus tard par les Armagnacs, puis à nouveau propriété des ducs de Bourgogne, Louis XI ne put reconquérir cette place forte d’une importance stratégique indéniable. Après avoir subi les turpitudes de cette époque, les murs du château durent subir les assauts des protestants lors des guerres de religion, avant de retrouver une sérénité bien méritée.
Des jardins uniques
Dans les diverses enceintes du château de Berzé-le-Châtel, la nature est à l’honneur ! Lorsque la famille Thy de Milly acheta le domaine au XIXème siècle, elle voulut l’embellir et lui rendre toute sa splendeur, par la création de jardins. Trois jardins sont donc visitables et reprennent les éléments de base nécessaires : légumes, fruits, fleurs, et simples. Ces éléments naturels apportent à chacun calme et tranquillité. Les potager et verger titillent nos papilles et le jardin à la française attise notre curiosité !
Inspirés par les jardins à l’italienne du XVIème siècle, ils représentaient la victoire de l’ordre sur le désordre, celle de l’homme sur la nature. L’être humain pouvait tout faire, il était au centre de l’univers. Les ifs, buis et arbres de Judée sont donc taillés en courbes élégantes, et disposés dans les parterres selon des règles symétriques.