Le Château de Condé

(02 330 - Condé en Brie)
 
 
 

La demeure des princes : les Condé et les Savoie.

Le village de Condé en Brie tient son nom du celte « Condatum » signifiant confluent, cette cité se trouvant justement au point de rencontre de deux cours d’eau, la Dhuys et le Surmelin. Le château de Condé n’existe alors pas encore, et ce n’est qu’un millénaire plus tard que la première édification fortifiée vit le jour. Le Château de Condé appartient alors à la famille de Coucy dont la devise devint à cette époque : « Roi ne puis je être / Duc ne veut être / Ni comte aussi / Je suis Sire de Coucy ». Cette demeure gagna en opulence au fil des siècles, passant dans les mains de seigneurs les plus reconnus de France : la Maison royale de Bourbon à qui appartenait le fameux Prince de Condé, la grande famille de Savoie, la famille de la Faye ou encore celle de Sade.

La palette des peintres : Servandoni et l’atelier de Watteau.

Le château de Condé doit ses décors intérieurs somptueux aux grandes familles nobles ayant habité la principauté de Condé. Les Maisons de Bourbon, des princes de Savoie et le marquis de La Faye ont tous contribué à donner à cette demeure une atmosphère chargée d’histoire. Les arts sont ainsi ici mis à l’honneur grâce, en premier lieu, à la contribution de l’architecte du Palais Farnèse à Rome, Giovanni Niccolo Servandoni. Il s’attacha à rendre au grand salon central sa place d’honneur, où résonne encore la musique jouée durant des siècles. L’élément majeur est ici le trompe l’œil, omniprésent. Ce genre pictural s’adresse aux spectateurs qui croient percevoir des objets en plusieurs dimensions alors qu’ils sont peints sur une surface plane. A l’extérieur du château, Servandoni a exercé ses talents en élaborant une méridienne nous indiquant encore aujourd’hui le midi solaire. L’ombre de ce créateur de génie poursuit le visiteur durant toute la visite du château, de même que les esprits de deux grands maîtres français de la peinture, Oudry et Watteau. Watteau, déjà célèbre à l’époque, a exercé son art sur différents supports : toiles, mais également dessus de cheminée ou dessus de portes. Le peintre officiel de chasse de Louis XV, Jean Baptiste Oudry, a quant-à lui entièrement décoré le Grand Salon. Les thèmes de la chasse, de la pêche, ornent l’essentiel des murs.

L’atmosphère du XVIIIème siècle.

Une grande cour d’honneur nous accueille à Condé. Elle reçoit constamment la lumière et présente un aspect classique. La symétrie a été recherchée, notion très en vogue au XIIIème siècle. D’ailleurs, pour que celle-ci soit effective, l’architecte Servandoni fit réaliser certaines fenêtres en trompe l’œil ! Les magnifiques miroirs du Grand Salon Central reflètent cette lumière et font briller les meubles d’apparat en marqueterie.
Les styles Louis XIV et Louis XV sont à l’honneur dans cette demeure. De nombreux meubles et objets d’usage privé sont visibles. En effet, la Chambre du Musicien abrite une chaise à langer de bébé. La Chambre de la Chapelle quant-à-elle nous offre une pendule magnifique au mouvement apparent, ainsi qu’un bureau de voyage très ingénieux lorsque les seigneurs devaient se déplacer !
La mode du XVIIIème siècle se retrouve bien dans la Chambre d’Olympe. A l’origine, c’était un ancien donjon. Mais, la fonction défensive du château n’ayant plus d’utilité au XVIIIème siècle, cette pièce fut dévouée à Olympe Mancini, nièce de Mazarin. Elle y trouvait tout le confort de cette époque, de la bergère à oreillettes à une chaufferette.

Le Château de Condé, un témoin de l’histoire de France.

Le Château de Condé est un véritable témoin de l’histoire de France ! Le destin de ses propriétaires successifs, les transformations architecturales des bâtiments suivent les pas de l’Histoire. Louis de Bourbon, Ier prince de Condé, y vécut au XVIème siècle. A cette époque, la France était déchirée entre les factions catholiques et protestantes. Le Prince de Condé était le chef de file du parti protestant, et, en tant que tel, il prit une part active aux combats de la guerre des religions. Il s’opposa à Charles Quint puis au roi de France François II. Si les seigneurs de Condé se sont parfois mis à dos les faveurs royales, certains on sut s’allier durablement au roi de France : ainsi le marquis de la Faye. Ce gentilhomme sut se faire remarquer par Louis XIV et de « gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi » il devint ambassadeur de sa majesté en Italie, en Angleterre. Les grands esprits de son temps furent séduits par ce mécène éclairé et les salons du château de Condé nous parlent encore des contes de Jean de la Fontaine.