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Un grand château classique
Camp romain à l’origine, le site de Hautefort a probablement été occupé de manière défensive depuis l’Antiquité. Cette position dominatrice fut exploitée par les vicomtes de Limoges, dès le IXème siècle, mais c’est surtout lors des guerres de Guyenne opposant les Plantagenêts aux Capétiens, que le Château de Hautefort s’avéra une forteresse stratégique. Les frères de Born, alors seigneurs du Château de Hautefort, durent affronter les assauts de l’historique Richard Cœur de Lion. Bertran de Born, grand guerrier-troubadour du XIIème siècle, reconstruisit par la suite cet édifice, fait de tours défensives, de donjons, de pont levis. Aujourd’hui, l’architecture du Château de Hautefort nous étonne par son aspect très classique. En effet, contrairement à d’autres châteaux périgourdins, Hautefort ressemble bien plus à une demeure royale longeant les rives de la Loire. Cette originalité est le fait de ses propriétaires, qui, proches de la Cour de France dès le XVIème siècle, s’inspirèrent des modes successives en vogue dans la noblesse de France. De plus, les marquis de Hautefort, pour reconstruire et embellir le château, firent appel pendant un siècle à des architectes étrangers à la région. Le Château de Hautefort a su affirmer sa magnificence, notamment grâce à l’action de la famille de Bastard, qui sut faire revivre son passé glorieux lors de son acquisition en 1929, puis en 1968 lorsqu’un incendie le détruisit presque totalement. C’est aujourd’hui grâce aux efforts de ces amoureux des arts et de l’histoire que chacun peut admirer ce fleuron de l’architecture française des XVIème et XVIIème siècles.
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L’art de vivre au grand siècle
Durant le Moyen Âge, le Château de Hautefort est doté des attributs spécifiques à une forteresse. Des soupirails, des donjons, des tours agrémentés de meurtrières, le châtelet et le pont-levis sont autant d’éléments servant à la défense du domaine. Au XVIIème siècle, les seigneurs d’Hautefort entreprirent des travaux titanesques de transformations d’un bâtiment à usage guerrier en un monument où prédomine la recherche de l’esthétique. C’est au marquis François de Hautefort que les bâtiments du château doivent leurs premières modifications significatives. Proche de la cour du roi de France Henri III, il demanda à l’architecte lorrain Nicolas Rambourg d’édifier un château comparable à ceux des nobles de haut rang. Les tours d’angle furent coiffées de lanternons, de nombreuses ouvertures pratiquées dans les murs épais pour laisser entrer à flot le plus de lumière possible. Les travaux de Rambourg furent poursuivis, quelques années après son décès, par l’architecte Jacques Maigret, dès 1669. Son apport majeur au château fut l’escalier d’honneur, dont les plans furent fortement inspirés de l’escalier des ambassadeurs du Château de Versailles.
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Les arts à Hautefort
A l’extérieur comme à l’intérieur, le Château de Hautefort est un fleuron des arts des XVIIème et XVIIIème siècles. La visite du site présente une succession de salles privées et publiques recélant de véritables trésors. En ayant traversé le châtelet et le pont-levis, le public découvre de vastes salles telles que le pavillon de Madame dont les murs sont ornés de tapisseries. L’œil curieux admirera alors les détails de la tenture de l’histoire de Josué - datant de la seconde moitié du XVIème siècle. A l’est, la tour de la chapelle est peinte en trompe l’œil, style très en vogue dès le XVIIème siècle dans toutes les cours royales européennes. Mais, la principale pièce montrant la grandeur et la renommée des seigneurs de Hautefort est la Grande Salle ou salle des cheminées. Elle était notamment utilisée pour les réceptions et l’exercice de la justice. Les deux cheminées sculpturales de cette pièce sont décorées des armes des Hautefort et des quatre vertus cardinales, sûrement dans le but de rappeler aux grands aristocrates comme aux plus petits personnages qu’ils étaient seigneurs en leur château, membres d’une grande lignée noble de France et maître de haute et basse justice sur leur domaine.
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L’écho de l’histoire de France
Les seigneurs de Hautefort ont, de tout temps, été proches des rois de France, mais aujourd’hui deux personnages restent dans l’histoire de France comme ayant participé activement à la politique du royaume. Ainsi, sous le règne de Louis XIII, Jacques-François d’Hautefort se distingua par ses faits d’armes. Général vainqueur de la bataille de Rocroi, puis conseiller du roi, il devint membre du prestigieux ordre du Saint-Esprit en 1661. Fréquentant le roi et les princes et princesses de la haute noblesse, il se devait de rendre à sa demeure familiale le faste du au rang d’un noble de la cour. Il suivit en cela la « mode » de cette seconde moitié du XVIIème siècle : de grands artistes et architectes exercèrent leurs arts tels que Mansart ou Le Vau. Si Jacques-François de Hautefort évoluait parmi les hautes sphères de la cour de France, sa sœur Marie l’égala voire le surpassa dans le faste et les tumultes de sa destinée. La marquise de Hautefort lia son nom aux rois de France lorsqu’elle devint, encore toute jeune femme, la favorite de Louis XIII. Cette relation attisa le ressentiment de certains qui obtinrent son exil de la cour par Richelieu. A l’avènement du tout jeune Louis XIV, Marie de Hautefort retrouve sa place à la cour et notamment auprès de la régente Anne d’Autriche. Elle se mêle de politique, et à la mort de la régente elle se retrouve à nouveau mise au ban par le cardinal Mazarin. Il fut alors temps pour elle de se marier, et de fréquenter les grands salons de l’époque où elle brilla par son esprit et ses talents artistiques. Jusqu’à sa mort, Marie de Hautefort fut respectée par les grands du royaume de France comme une femme libre, dont la beauté n’avait d’égale que ses qualités d’esprit.
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