Un grand château classique
Au temps des guerres franco-anglaises, le Château de Hautefort était une place-forte, qui jouissait d’une position géographique avantageuse au point de vue défensif. Le donjon, les douves et courtines reliant les différentes tours étaient autant d’attributs faisant de lui une des grandes forteresses de la région. Mais, s’il pouvait abriter de nombreux hommes d’armes, il n’avait pas été construit pour que les seigneurs de ce domaine y vivent confortablement et en fassent un monument esthétique. Ce n’est qu’au XVIIème siècle que cette notion de représentation et d’usage privé d’un château se développèrent. Les architectes Nicolas de Rambourg puis Jacques Maigret eurent donc comme tâche de « bâtir » un nouveau château. Le château de Hautefort se distingua de ses voisins par son architecture classique, d’autant plus que ces deux architectes n’étaient pas de la région et étaient fortement inspirés des travaux des Le Vau et Mansart, bâtisseurs des demeures royales et princières.
L’art de vivre au grand siècle
Le « château neuf » de Rambourg est un digne représentant de l’architecture classique française. Ce mouvement architectural est à l’origine issu de l’admiration et de l’inspiration de l’Antiquité. C’est au XVIIème siècle que ce style fut inventé pour magnifier la gloire de Louis XIV. Avant tout, les bâtisseurs de cette époque recherchent l’esthétisme. Leurs références sont donc tout naturellement les monuments grecs et romains, mais également les proportions idéales des villas et châteaux renaissance. Cette recherche de la beauté parfaite va amener les architectes à construire selon des méthodes de calcul aboutissant à des constructions totalement symétriques. Citons la méthode de calcul du nombre d’or utilisée par le grand architecte Philibert Delorme. Priment alors les structures simples mais équilibrées. Les châteaux de Versailles, de Vaux le Vicomte sont très représentatifs de cette période et imposent encore aujourd’hui leur majesté !
Cette recherche de la sobriété du décor se retrouve dans les jardins à la française, faisant écho à la construction aux angles purs du Château de Hautefort. La nature est ici entièrement maîtrisée, les proportions parfaites.
Les arts à Hautefort
L’architecture du Château de Hautefort est déjà un art en soi, mais, aux XVIIème et XVIIIème siècles, il est également primordial que les appartements soient décorés d’objets d’apparat.
A partir du XVIème siècle apparaissent de magnifiques tapisseries. L’antichambre de la salle des cheminées abrite par exemple une tapisserie de la manufacture royale d’Aubusson. De la même origine, la tapisserie représentant Alexandre et Porus nous ravit par la qualité de ses représentations et de ses couleurs. Les velours, le marbre, les dorures sont partout, et se retrouvent dans tous les styles. Candélabres, boiseries dorées nous émerveillent par la finesse de leurs détails.
La chapelle du château nous renvoie également à un art très prisé aux XVIIème et XVIIIème siècles, le trompe-l’œil. Lorsque le visiteur lève la tête pour admirer la coupole de la chapelle, il a l’illusion de percevoir des éléments en trois dimensions alors qu’ils sont peints sur une surface plane.
L’écho de l’histoire de France
Les marquis de Hautefort ont servi pendant des siècles les rois de France. Grande famille noble du royaume, leurs armes sont des éléments décoratifs du château. Sculptées sur les cheminées, peintes sur les vitraux de la salle des cheminées, en pierre au-dessus des fenêtres, elles côtoient les marques d’honneur faîtes aux rois de France : portraits de Louis XIV et de la reine Marie-Thérèse, médaillon représentant le Roi-Soleil dans la chambre d’honneur.
Si Jacques-François de Hautefort a été l’un des principaux architectes de la beauté du château de Hautefort, nous retiendrons plutôt ici le rôle important de sa sœur Marie de Hautefort, « la belle aurore ». Favorite de Louis XIII, elle fut le symbole du siècle des Lumières, où les femmes participaient aux intrigues politiques et tenaient salon. Les plus grandes dames de France telles que madame de La Fayette ou la marquise de Rambouillet la plébiscitent, et apprécient sa vivacité d’esprit qui lui permit de se lier d’amitié avec le fameux Bossuet.