Un grand château classique
L’architecture classique du Château de Hautefort que nous apercevons aujourd’hui ne date que du XVIIème siècle. La cour d’honneur était au Moyen Âge une basse-cour fortifiée agrémentée d’un pont levis, seule entrée pratiquée dans l’enceinte fortifiée. Depuis les travaux de l’architecte Nicolas Rambourg, un châtelet nous accueille dès l’entrée.
Cependant, certains éléments du château médiéval ont subsisté tout en étant transformés pour convenir au goût classique de l’époque. Ainsi, à la droite du châtelet, l’ancienne tour médiévale de Bretagne s’est vue coiffée d’un dôme harmonieux. Nous retrouvons ici la recherche d’un classicisme à la française où des éléments du terroir sont utilisés : ardoise constituant les lanternons, sol en pisé dans la tour de la Chapelle.
La baronne de Bastard, propriétaire du château depuis 1929, s’est attachée à conserver et respecter cet aspect classique du château lors de grands travaux de rénovation qui durèrent des décennies ! En effet, le sort s’était acharné sur ce monument du patrimoine français, ravagé par un incendie en 1968. C’est le courage de la baronne et la mobilisation des habitants du pays qui lui permirent de retrouver sa splendeur passée.
L’art de vivre au grand siècle
Le « castrum de Autafort » médiéval était construit pour repousser les assauts des ennemis, mais il ne convenait guère à un usage d’habitation. Au XVIème siècle, les marquis de Hautefort, proches des rois de France et donc sensibles aux modèles architecturaux en vogue à la cour, ont entrepris de « recréer » un château représentant leur puissance et leur inclinaison pour l’esthétisme classique.
Tout ici ne sera alors que décors sculptés, colonnes antiques. Une toiture pyramidale, munie de lucarnes en pierres, a été construite pour que le château ressemble à un pavillon. Ces éléments sont le produit d’inspiration de grands châteaux « classiques » tels que le Château de Tanlay en Bourgogne, ou encore des bâtiments en brique entourant la place des Vosges à Paris. Les marquis de Hautefort veillaient à ce que les bâtiments soient aussi majestueux que ceux de cette place royale ! Enfin, de grandes galeries sont percées, ponctuées d’arcades et de baies.
Les arts à Hautefort
Les arts sont omniprésents à Hautefort. Partout où se posent les yeux des visiteurs, on découvre des joyaux des arts des XVIIème et XVIIIème siècles. Sculptures, peintures, tapisseries, meubles divers sont autant d’objets rares représentatifs de la position dominante du royaume de France durant cette époque. En effet, Au XVIIème siècle, la cour de Louis XIV donnait le ton ! Toutes les cours d’Europe prenaient exemple sur le faste du Château de Versailles. Le marquis Jacques-François de Hautefort tenait à donner à son château cette splendeur, et l’on voit aujourd’hui encore des décorations nous rappelant le luxe d’antan. De magnifiques boiseries ont ainsi été remises à jour dans la petite salle à manger, d’imposantes cheminées sculptées subsistent dans la salle des cheminées. Dans la chambre d’honneur, une bibliothèque en ébène, bois très précieux, nous présente des ouvrages rares et côtoient des plaques en émail représentant Henri II et Catherine de Médicis.
L’écho de l’histoire de France
Le Château de Hautefort se fait l’écho de l’histoire de France. Dès le Moyen Âge, il a été l’objet d’âpres querelles entre les partisans des Capétiens et ceux des Plantagenets. A cette époque, il est la propriété de la famille des de Born, dont Bertran fut l’un des éminents représentants. Il était un grand chevalier, chantant l’amour courtois, admirateur de la belle Aliénor d’Aquitaine. Des siècles plus tard, les seigneurs de Hautefort surent également faire parler d’eux ! Jacques François de Hautefort dépensa sans compter pour rénover le château patrimonial, grâce à l’argent gagné à servir les rois de France. Mais la plus proche du pouvoir fut peut-être sa sœur Marie, qui fit succomber le cœur du roi Louis XIII. Amie de son épouse, elle sut faire et défaire la réputation des nobles de la cour, cela lui valant à deux reprises d’être exilée loin de Paris. Cependant Marie se fit accepter de Louis XIV qui lui témoigna affection et respect jusqu’à sa mort.