1000 ans d’histoire … un témoin du Moyen Âge
En 996, le cartulaire de Gellone - ancien nom désignant Saint-Guilhem-le-désert - fait mention du « castrum de Montagut ». Nous pouvons donc en déduire que le Château de Montaigut fut élevé à cette période. En 1971, une ancienne nécropole fut identifiée sur le site du château. Celui-ci fut certainement construit après l’inhumation de ces corps qui dateraient du haut Moyen Âge. L’association des Amis du Château de Montaigut nous fait découvrir de magnifiques tombes rupestres dans la salle des sépultures. Les fouilles archéologiques ont permis d’approfondir les connaissances scientifiques des modes d’inhumation à l’époque médiévale. En effet, les tombes sont regroupées selon le sexe et l’âge. Des secteurs sont réservés aux hommes, d’autres aux femmes. La nécropole fut en partie détruite lors de la construction du château - des murs traversent encore aujourd’hui les tombes - mais elle est une mine de renseignements sur les mœurs de la société féodale en Aveyron. Les objets trouvés sont rares, et témoignent d’une certaine pauvreté de la population. De plus, l’étude des corps nous révèle que ces hommes et ces femmes étaient en mauvaise santé, sûrement soumis à des conditions de vie et de travail très difficiles.
Une architecture vouée à la guerre : le château-fort
Le Château de Montaigut possède une architecture vouée essentiellement à la guerre. Au cours du Moyen Âge, l’autorité royale ne s’étendait que sur un petit territoire. La France telle qu’elle est aujourd’hui était divisée en de nombreux domaines soumis à l’autorité de seigneurs. Les guerres étaient fréquentes, et c’est pour cela que fut édifiée à Gissac une forteresse permettant de défendre et de protéger spécialement la cité de Saint-Affrique. Assis sur un éperon rocheux, le Château de Montaigut, tel un nid d’aigle, occupait une place stratégique d’où l’on pouvait voir arriver les troupes ennemies et qui était facilement défendable, grâce à sa situation géographique et ses appareils défensifs. Le visiteur admire ainsi, datant de l’époque médiévale, une grande basse-cour, un donjon, des remparts percés de meurtrières. Cette structure archaïque fut modifiée au XVème siècle dans un but esthétique, mais aussi d’adaptation. Des mâchicoulis, des échauguettes ou encore des canonnières furent insérées aux anciens bâtiments, et les salles à usage privé furent embellies par des voûtes en plein cintre typiques de l’architecture gothique.
Le plâtre, une richesse locale
Traditionnellement, l’ancienne province du Rouergue, qui correspond à l’actuel département de l’Aveyron, possédait des carrières de gypse. Roche tendre, elle se trouve notamment dans la montagne de la Loubière où se trouve le Château de Montaigut. Le gypse est à base de calcaire, et, après transformation, la pierre est cuite, broyée puis moulue : le matériau devient du plâtre. La fabrication de plâtre fut très intense à Montaigut, notamment au XVIIème siècle. Il était alors utilisé en tant que matériau de construction. Certains murs du château en sont enduits. Cependant, le plâtre fut également à l’origine de magnifiques ornementations à l’intérieur des demeures des riches bourgeois et puissants seigneurs. Ces gypseries sont de véritables décors sculptés, créés directement dans le plâtre fraichement posé ou modelés grâce à des moules lorsque le plâtre est encore malléable.
Montaigut se souvient de son histoire
Le Château de Montaigut se trouve dans une région colorée, tant par son paysage que par ses traditions culturelles ! Ici, se succèdent vallées et montagnes parfois arides, où affleurent à maints endroits la couleur rouge du sol. Contraints par la rudesse de ce territoire, les habitants de la région privilégiaient autrefois l’élevage des moutons utilisés dans la peausserie de luxe. Aujourd’hui, les exploitations agricoles sont encore nombreuses en Aveyron. Les productions bovines prédominent, mais les moutons sont encore élevés en nombre, notamment pour la réalisation de fromages connus dans le monde entier. A Montaigut, il était important de mettre en avant ce passé rural, et l’exposition permanente « Aux temps de fermes et des maisons » nous rappellent que le passé construit notre présent et l’avenir des jeunes générations.