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Un château témoin de l’Empire
Le Château de Montgobert est une demeure à l’architecture classique. Avant de dresser ses murs élégants, le domaine était une place forte. Edifiée au Moyen Âge, au temps de troubles constants entre seigneurs, c’était une construction vouée à la défense. Ses éléments extérieurs n’étaient donc pas esthétiques mais pratiques : les douves, les tourelles d’angle étaient autant de dispositifs permettant d’empêcher les assauts de l’ennemi. Mais, au XVIIIème siècle, cette architecture défensive n’était plus d’actualité ! En effet, la France était pacifiée depuis longtemps, le roi étant le seul et unique maître du pays. La mode était alors au classicisme, c’est-à-dire à la recherche de proportions harmonieuses, comme dans les monuments antiques. Antoine-Pierre Desplasses, seigneur de Montgobert depuis 1762, fit ainsi construire un château à la mode de son temps : des corps centraux rectangulaires virent le jour. A la fin de la monarchie française, ce furent les nobles d’Empire qui s’installèrent au château. Séduite par ce refuge paisible loin de Paris, la jeune sœur de Napoléon Ier s’installa ici même avec Emmanuel Leclerc. Les lieux furent à nouveau transformés conformément aux désirs des nouveaux propriétaires : un fronton avec colonnes et balustrade orne la façade. Montgobert était alors un lieu de luxe et de faste, les grands de France se délassaient dans le grand parc et la forêt, terrain magnifique pour la chasse et la vénerie.
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Un château au cœur de la nature
Le village de Montgobert est entouré de bois formant la forêt domaniale de Retz. Les habitants de cette commune surent tirer parti de cette situation et exploitèrent cette nature abondante durant des siècles. Les bûcherons, les scieurs et autres charbonniers firent le glorieux passé de Montgobert. Tout comme le village, le château de Montgobert se situait au sein d’un grand parc qui fut dessiné dès le XVIIIème siècle. Tout d’abord jardin à la française, où l’ordre primait, il devint un parc à l’anglaise à la demande de Pauline Bonaparte. D’inspiration préromantique, les jardins illustraient une volonté de faire oublier la maîtrise de la nature au profit d’une certaine sensibilité. Tout au long du XIXème siècle, le parc ne connut pas de transformations majeures. Seulement, la foudre ayant détruit en 1899 la ferme et les bâtiments agricoles du château, il fut nécessaire de réhabiliter les jardins. Le paysagiste Duchêne y intégra un parterre parsemé de fleurs et des allées de promenade. Vases et statues ponctuèrent ce paysage et créèrent une atmosphère unique, où l’art s’alliait admirablement aux couleurs de la végétation environnante.
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Pauline Bonaparte et les grands maréchaux d’Empire
Le Château de Montgobert est par excellence la mémoire de l’Empire. Si le domaine existait depuis des siècles, ce n’est qu’au XIXème siècle qu’il acquit véritablement ses lettres de noblesse. Ainsi, en 1798, Victoire-Emmanuel Leclerc devint propriétaire de cette demeure. Général des armées, il épousa la jeune Pauline Bonaparte, sœur de l’Empereur Napoléon Ier. Au cours des années, il devint le bras droit de ce dernier, mais mourut dan la fleur de l’âge au cours d’une expédition à Saint-Domingue. La belle Pauline édifia alors un magnifique monument funéraire en son honneur, que l’on peut encore admirer de nos jours. Veuve, Pauline se remaria au prince italien Camille Borghese et délaissa peu à peu Montgobert. Le domaine passa quelques années plus tard aux mains des frères et sœurs de son premier mari. Louis-Nicolas Davout, époux de Louise Leclerc, fut l’unique propriétaire de Montgobert dès 1821. Tout comme son beau-frère décédé, c’était un grand officier de l’Empire. Maréchal élevé au rang de pair de France, une légende racontait qu’il n’avait jamais été battu... Durant les décennies suivantes, d’autres personnages de grandes familles de la noblesse d’Empire vécurent à Montgobert. Raoul-Napoléon Suchet, duc d’Albufera ou encore Anna Masséna laissèrent ici leur empreinte.
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Mémoire du Soissonnais
Lorsque la première guerre mondiale éclate, Montgobert devient rapidement un village du « front ». Le massif voisin de Retz sert alors de point d’appui aux hommes armés du général Maunoury. C’est un lieu stratégique, sur la route de Paris, pour combattre les armées allemandes. Le château de Montgobert voit alors s’installer dans ses murs le 7ème corps du général Vautier. Ministre de la guerre, maréchaux viendront souvent en ces lieux pour établir des plans de bataille ! Tout au long de la guerre, le village de Montgobert sera au cœur du conflit : étape privilégiée pour le repos des troupes à partir de 1915, lieu d’affrontements sanglants en 1918 lors de la rupture du front du Chemin des Dames. A la fin de la guerre, le paysage de Montgobert est bouleversé, tout a été détruit. Cependant, la vie reprend progressivement son cours. Le château retrouve sa beauté d’antan, mais des années plus tard ses propriétaires et tous les habitants du village sortent meurtris de la Seconde guerre mondiale. Pour que le domaine de Montgobert retrouve l’élégance et la joie de vivre qui animait ses pièces, Louis d’Albufera, maître du domaine au sortir de la guerre, créa le Club de Retz, association ayant pour but de promouvoir entre autre le patrimoine régional. Logiquement, cela aboutit à la mise en place d’un Musée du Bois et de l’Outil, élément essentiel de l’économie du pays de Montgobert. Métiers du bois et de l’agriculture, artisans au savoir faire précieux furent ici mis en valeur. Diverses associations continuent aujourd’hui à faire vivre le patrimoine de Montgobert, nous faisant découvrir la richesse de cette terre, pour notre plus grand plaisir.
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