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Une demeure ancestrale du Bourbonnais
Les bois entouraient déjà au Moyen Âge la seigneurie de Saint-Augustin. La maison de Saint -Julien, baron de Veauce et seigneur de Saint-Augustin, ancêtre des La Souche et des Cadier, détenait un château-fort en ces lieux, au XIIIème siècle. La forteresse appartenait à la famille de La Souche durant le XVIème siècle. En 1569, un géographe du roi l’atteste. Durant des siècles, le château avait subi les vicissitudes du temps, c’est pourquoi il fut restauré par les Cadier lorsqu’ils l’acquirent à la fin du XVIIème siècle à leurs cousin Claude de la Souche. Les Cadier étaient une grande famille du Bourbonnais, reconnue et appréciée par les rois de France. Fort de l’importance de son rang, messire Gilbert Cadier, chevalier et baron de Veauce, entrepris de construire une demeure « de son dessein ». D’ailleurs, une pierre retrouvée il y a peu nous confirme qu’il est le bâtisseur du château tel que nous pouvons l’admirer aujourd’hui. Il est constitué de plusieurs corps de logis, construit en une matière très esthétique, en briques polychromes. Ici, elle revêt diverses couleurs et s’intègre parfaitement aux tonalités changeantes des arbres centenaires du parc.
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Des décors du XVIIIème siècle
Lorsque Gilbert Cadier, seigneur de Saint-Augustin, fit bâtir en 1730 ce château « classique », il fit sculpter ses armoiries et celles de sa femme née Marie de Riglet, sur la porte d’entrée. Il entreprit de créer de grandes salles décorées et meublées selon les goûts de l’aristocratie de cette époque. De 1730 à 1760, le style Louis XV s’est développé dans le royaume de France comme dans toutes les cours d’Europe. En réaction au style Louis XIV, il n’est que légèreté. Le Château de Saint-Augustin nous présente également des éléments de mobiliers de cette période de l’histoire, où le mobilier était plus massif, car il devait symboliser la puissance du roi soleil ! A partir des années 1730, artistes et artisans fréquentaient assidument la cour de Versailles et ce sont eux, financés par le roi, qui créèrent une nouvelle mode artistique. Les visiteurs du Château de Saint-Augustin admirent ce mobilier novateur du XVIIIème siècle, lorsqu’ils parcourent salons et chambres. La maîtrise du travail du bois permit de créer des formes galbées, aux courbes harmonieuses. Innovation majeure, les fauteuils et autres bergères ont des housses que l’on peut changer selon les saisons ; les commodes sont surmontées de marbre et leurs bronzes deviennent graciles. Les ondulations du style Louis XV firent place progressivement aux lignes plus strictes du style Louis XVI.
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Un goût à l’italienne au XIXème siècle
Marie Guillemine Cadier de Veauce épousa le 26 mai 1806 Antoine Chaillon, comte de Jonville, et il devint ainsi propriétaire du Château de Saint-Augustin. Ce dernier était colonel et aide de camp de SAS Mgr le Duc de Bourbon. Maire de Château sur Allier en 1812, diplomate à Naples de 1815 à 1816, il parcourut la Grèce, l’Italie, dont les monuments antiques et renaissances l’inspirèrent et plus généralement influencèrent tout un courant artistique au cours du XIXème siècle. Ainsi, le Château de Saint-Augustin revêt divers élément issus du style dit « palladianisme ». A l’origine de cette architecture, un homme, Andrea Palladio. Cet architecte italien vécut au XVIème siècle, ses réalisations empruntèrent les formes et l’harmonie de l’Antiquité. Des portiques romains, des colonnes et coupoles sont édifiés à l’identique dans les demeures des grands bourgeois et des membres de l’aristocratie, dès le XVIIIème siècle en Angleterre et au XIXème siècle en France. Ainsi, à Saint-Augustin, le vestibule abrite deux magnifiques colonnes doriques et plusieurs pilastres. De même, le public peut admirer un escalier d’honneur à la Grec et une salle à manger décorée de statues en plâtre de style romain. Le néo-classicisme est ici à l’œuvre, et proportion et symétrie sont mises à l’honneur.
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Les seigneurs de Saint-Augustin en Bourbonnais
Le Château de Saint-Augustin a été habité depuis des siècles par des grands seigneurs du Bourbonnais. Ainsi, le domaine était une propriété des Saint-Julien au XIVème, les La Souche au XVIème siècle. Soumis à l’autorité du comte de Sagonne qui était conseiller du roi, ils détenaient une seigneurie fortifiée. Les seigneurs de Saint-Augustin avaient un certain pouvoir dans la région de Château sur Allier. En effet, sur une distance de trois lieues, ils pouvaient exercer leur justice : Haute, Moyenne et Basse. De plus, ils percevaient divers impôts et possédaient de nombreuses terres labourées par des métayers travaillant pour eux, et étaient propriétaires de l’immense forêt de Saint-Augustin. La famille de La Souche entretenait donc une grande maison, et était le pilier d’une communauté. Vendue en 1692, la seigneurie de Saint-Augustin devint propriété de la maison Cadier, autre famille illustre de la région. Certains de ses membres furent reconnus par les Ducs de Bourbons et les rois de France, dès le Moyen Âge. Le Ier baron de Veauce fut récompensé pour ses faits de guerre lors de la guerre de Cent ans. De même, un de ses descendants s’illustra auprès du Duc de Bourbons. En 1806, cette seigneurie passa par mariage au comte Chaillon de Jonville. Charlotte Sydonie Chaillon de Jonville épousa Paul de Rolland et leur fille Marie hérita du grand domaine de Saint-Augustin. Malheureusement, elle n’eut pas d’enfant ; à son décès en 1916 elle légua Saint-Augustin à une de ses nièces du côté paternel, Madame Antoine Ollivier. C’était la première fois que la seigneurie de Saint-Augustin quittait la famille ! Sa fille Huberte, mariée en première noce avec le baron de Segondat de Montesquieu, créa un magnifique zoo, avec l’aide de Monsieur Yann Arthus- Bertrand. Lorsqu’elle mourut en I999, ses enfants dilapidèrent le zoo, et vendirent la propriété à M. Guillon. Ce dernier la démantela et revendit les jardins, cour et château le même jour, au chevalier Jehan Chabot de L’Allier, ayant comme ancêtre Messire Michel Cadier, chevalier, seigneur de Saint-Augustin et baron de Veauce.
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