Le Château de Saint-Augustin

(03 320 - Château sur Allier)
 
 
 

Une demeure ancestrale du Bourbonnais

En admirant le Château de Saint-Augustin entouré de son parc verdoyant, le visiteur plonge dans l’histoire de France. Le site de Saint-Augustin était en effet habité depuis l’époque médiévale. Quand la Maison de Saint-Julien en était propriétaire, c’était un château-fort. Comme toutes les demeures seigneuriales de cette époque, il était doté d’appareils défensifs, car les seigneurs se livraient souvent à des guerres pour acquérir plus de terre donc plus de pouvoir. Les communs servaient en ces temps reculés d’insécurité à abriter les seigneurs, les villageois et les fermiers. Mais, au XVIIIème siècle, le royaume de France était relativement pacifié et unifié, grâce au règne de Louis XIV. Les châteaux forts n’avaient alors plus aucune raison d’être, et c’est pour cela que Gilbert Cadier, baron de Veauce, rasa tout élément du passé pour établir un château « neuf », présentant tout le confort de cette époque ainsi que des éléments architecturaux « modernes » tels que la brique polychrome.

Des décors du XVIIIème siècle

Sous le règne de Louis XIV, les vastes pièces des châteaux étaient à usage de représentation. La notion de vie privée n’existait pas, et tout le mobilier alors créé à cette époque servait à affirmer la puissance du roi, dont le style fut copié dans toutes les cours royales d’Europe. Sous le règne de Louis XV, l’aménagement intérieur des demeures de la noblesse se modifia considérablement. L’étiquette se fit moins pesante, et le roi lui-même s’accorda à posséder des appartements privés où le public ne pouvait pas accéder. Comme la famille royale, la noblesse du royaume se dota de châteaux aux pièces plus petites doublant les pièces d'apparat. L’exotisme était de mise comme on peut le voir avec des chinoiseries au Château de Saint-Augustin. Des lambris sculptés et peints ornaient les murs. Enfin, les salons et les chambres étaient meublés d’éléments tout en galbe, légers et très raffinés. Les plus beaux tissus de soie revêtaient les murs comme les fauteuils. Le souci premier était alors les mondanités et le confort.

Un goût à l’italienne au XIXème siècle

Au XIXème siècle, dans le prolongement du style Empire, les bourgeois et la noblesse de France furent séduits par le courant artistique du néo-classicisme. Le palladianisme fut mis à l’honneur, notamment au Château de Saint-Augustin. Le palladianisme tire son nom d’Andrea Palladio. Œuvrant lors de la Renaissance italienne, cet architecte réalisa des bâtiments aux formes géométriques, à l’antique. L’architecture extérieure est une recherche permanente de l’harmonie des proportions comme dans les temples grecs. Les lignes sont droites et tout foisonnement décoratif est banni. A Saint-Augustin, nous pouvons aujourd’hui admirer cette perfection dans la salle des trophées, mais également dans la salle à manger ou encore dans le vestibule.

Les seigneurs de Saint-Augustin en Bourbonnais

La seigneurie de Saint-Augustin, à Château sur Allier, était, dès le Moyen Âge, un domaine important dans l’ancienne province française du Bourbonnais. Dressant son donjon et ses hauts murs fortifiés, le Château de Saint-Augustin représentait la puissance des barons de Veauce. Ces derniers étaient nantis de nombreuses terres et la famille de La Souche, en tant que membre de la noblesse, rendait la justice sur son domaine. Le blason « d’argent à deux léopards de sable, armés, lampassés et couronnés de gueules » flottait sur le château. Si le Château de Saint-Augustin fut vendu à Michel Cadier, seigneur de la Brosse, il n’en perdit pas son éclat, au contraire. Son fils s’attacha à bâtir un château montrant toute la puissance et le raffinement de ces seigneurs du Bourbonnais. En effet, la famille Cadier était une des plus anciennes du Bourbonnais, dont les membres s’étaient illustrés par leurs faits d’armes lors de la guerre de Cent ans et la bataille d’Azincourt ; ce qui leur valut une reconnaissance certaine des Ducs de Bourbons.