|
Une forteresse en Dauphiné
Le Château de Virieu a été bâti au XIème siècle. Comme toutes les maisons-fortes de cette époque, le seigneur Wilfrid de Virieu choisit un lieu dominant les vallées environnantes. C’est ainsi que le village de Virieu et sa rivière la Bourbre sont dominés par tourelles et toits de tuile. A l’inverse de nombreux châteaux français, Virieu a gardé de nombreux éléments architecturaux de son passé médiéval, ce qui nous permet aujourd’hui de nous plonger au cœur du Moyen Âge. Utilisant des matériaux de la région, les seigneurs de Virieu ont élevé un donjon, et un corps de bâtiment aux murs très épais en tuf. Pour se défendre contre tout attaquant, un chemin de ronde fut édifié, avec créneaux et mâchicoulis. Les remparts permettaient également d’adopter une attitude défensive. Autre souvenir du passé tumultueux du Château de Virieu lors des guerres médiévales, les tourelles. Elles constituaient l’entrée du bâtiment et étaient « ouvertes à la gorge », les hommes d‘armes pouvant ainsi facilement se retourner et attaquer les intrus au corps à corps. L’architecture médiévale du Château de Virieu n’a connu que peu de transformations jusqu’à la Renaissance.
|
|
|
A Virieu … dix siècles d’histoire
Trois familles de la noblesse française se sont succédées au Château de Virieu, et ont participé à l’histoire du Dauphiné. Cette province est née il y a plus de mille ans. Auparavant, cette région était indépendante, ses habitants ne répondant qu’à la Maison de Virieu. Cependant, la région devint propriété du royaume de France, en 1349. A l’origine de ce changement, une histoire d’argent ! En effet, le Dauphin Humbert II, alors maître de toute la contrée, rentra de croisade sans un sou et se défit de sa possession. Cependant la région ne fut pas confiée au roi de France, Philippe VI, mais à son petit-fils Charles dit le Dauphin. Cette région devint alors le Dauphiné, terre qui revint, et ce jusqu’à la fin de la monarchie, aux héritiers du trône de France. Le royaume de France et le Dauphiné était liés pour toujours ! Les seigneurs du domaine de Virieu se sont alors attachés à servir les rois de France. Les seigneurs de Clermont, les Prunier de Saint-André et les Virieu embellirent cette demeure, dès le XVème siècle. Trois nouveaux corps de logis furent élevés, les murs furent percées de baies laissant la lumière entrer à flot, et, plus spectaculaire encore, on encastra un large portail dans les murs du chemin de ronde.
|
|
|
Louis XIII … Le Château de Virieu et l’histoire de France
Le Château de Virieu fut un château illustre durant plusieurs siècles, et ses seigneurs surent s’attirer les faveurs des rois de France. Ainsi, c’est dans cette belle demeure que Louis XIII demeura une nuit. En effet, au début du XVIIème siècle, il établit une paix durable avec les protestants de France. Signé à Montpellier, ce traité mettait fin pour des décennies aux guerres de religion. De retour de cette cité du sud de la France et en marche pour distinguer le maréchal Lesdiguières, homme célèbre de la région, le roi s’attarda à Virieu. Les témoins de cet épisode de l’histoire de France sont cinq canons de montagne donnés par le roi et qui ornent désormais la galerie ajourée. Pour accueillir comme il se doit cet illustre personnage, les Prunier Saint-André, alors seigneurs de Virieu, aménagèrent la « chambre du roi ». Le lit à baldaquin tendu de damas que les visiteurs admirent vit le roi dormir ! Cette pièce a été par la suite aménagée avec des portraits des monarques successifs des XVIIème et XVIIème siècles : portrait de Louis XIV et de l’une des filles de Louis XV. La grande salle est tout aussi splendide que cette pièce qui nous plonge dans l’histoire de France grâce à ses tapisseries d’Aubusson, bustes en marbre, et portraits de famille.
|
|
|
Les jardins ... écrins du domaine
Avant d’entrer à proprement dit dans le Château de Virieu, le visiteur peut admirer un peu en contrebas de magnifiques jardins à la française disposés sur trois niveaux. Les vieux remparts médiévaux furent considérablement amoindris pour devenir des points d’appui de terrasses où les éléments naturels apportent à chacun calme et sérénité. Ces parterres de verdure ont été récréés à notre époque d’après les plans d’origine, dessinés selon les canons de l’époque. Les buis sont taillés avec une extrême minutie et dessinent des motifs géométriques se répondant de part et d’autre des allées selon des règles symétriques. La peintre Stéphanie de Virieu sut reproduire la beauté enchanteresse de ce lieu, de même que les événements et les grands personnages du XIXème siècle.
|
|
|
|
|