Le château et ses jardins, une histoire vieille de plusieurs siècles
A la fin du Xème siècle, l’abbaye d’Issoire - village voisin d’Hauterive - détenait « Alta Riba », une propriété qui fit place cinq siècles plus tard au château d’Hauterive. A cette époque, l’architecture du château devait révéler un aspect bien plus austère que les bâtiments que nous apercevons aujourd’hui !
En effet, au XVIIe siècle, la famille Chaudesolle transforma Hauterive en une demeure à la hauteur de son rang, alliant l’élégance aux nécessités économiques de leur temps. Ainsi, le château tout comme les jardins ont été créés en suivant une ligne directrice particulière, le classicisme. S’inspirant de l’architecture de l’Antiquité, sobre aux lignes épurées et proportionnées, la culture classique a engendré au XVIIe siècle la construction, dans le royaume de France et dans toute l’Europe, de châteaux où primaient la recherche de la beauté en toute chose, au niveau des façades extérieures, de l’agencement des salles intérieures, du mobilier et des parcs dits à la française.
Un domaine productif
Hauterive est la conjugaison de deux nécessités de l’époque des Lumières. La noblesse de province cherchait à être le plus proche possible du roi et elle construisait dans ce but de magnifiques châteaux sur l’exemple des demeures royales. Mais, ces seigneurs avaient besoin de vivre, et pour cela ils produisaient eux-mêmes, dans leur domaine, les produits nécessaires à leur quotidien. C’est ainsi que le Château d’Hauterive fut doté de grandes dépendances qui sont désormais une attraction de la visite.
Les familles d’Hauterive avaient un boulanger attitré qui fabriquait le pain dans un grand four à pain voûté fonctionnant au feu de bois.
La vigne était une culture très développée à Hauterive. Les vendanges réunissaient de nombreux paysans. Celles-ci étaient pressées, puis le jus ainsi obtenu mis en tonneau dans les salles fraîches du cuvage. Par la suite la cave abritait ces précieux breuvages, en attente de dégustation !
Enfin, la visite des dépendances nous emmène dans la glacière. 20 m3 de glace et de neige pouvaient y être conservés toute l’année, dans un puits profond agrémenté de paille isolante.
Les jardins ... trésors d’Hauterive
Offrant sur l’horizon une vue surprenante, la terrasse d’accueil du Château d’Hauterive ravit ses visiteurs par la variété de ses plantations. Une grande pelouse se déploie au centre, et jouxte un labyrinthe de buis mais également des roses dont la variété date du XVIIIème siècle !
Bijou du domaine, les jardins anciens sont des jardins à la française. Ces derniers ornaient les parcs des châteaux de la noblesse de France, dès le XVIIème siècle. Inspirés par les jardins à l’italienne du XVIème siècle, ils représentaient la victoire de l’ordre sur le désordre, celle de l’homme sur la nature. L’être humain pouvait tout faire, il était au centre de l’univers.
Les buis et tilleuls des bosquets sont donc taillés en des formes élégantes, et disposés le long des allées selon des règles symétriques. Le jeu sur la perspective très prisé à l’époque classique est également mis à l’honneur à Hauterive. Le Ha-Ha installé à l’extrémité d’une allée surprend les visiteurs. C’est un trou créé dans le mur de clôture et doté d’un fossé creusé à la base. Même s’il le laisse croire, ce passage n’est pas praticable, l’illusion est parfaite !
Des nécessaires campagnes de restauration
1998, 2001, 2002 ... les jardins et le château ne cessent de connaître des campagnes successives de restauration !
Elément essentiel du château, la toiture était depuis plusieurs années en assez mauvais état. C’est pour cela que depuis dix ans elle fait l’objet d’attentions constantes.
Conscients de l’importance pour la région et plus largement le pays de la conservation d’un tel monument patrimonial et historique, différents organismes publics ont collaboré de concert avec les propriétaires d’Hauterive à la remise en état du jardin potager et du parc comprenant 500 à 700 espèces différentes. L’enjeu est donc ici culturel mais vise aussi à protéger un milieu naturel spécifique et fragile.